Le protocole RICE (Repos, Glace, Contention, Elevation)

Rien n’indique que le RICE seul a une influence positive sur la douleur, l’oedème ou la fonction. Par conséquent, le RICE seul ne joue pas de rôle dans le traitement de l’entorse aiguë (niveau 2). 

La cryothérapie améliore la fonction seulement si elle est associée à la rééducation.

NOTE DE L’AUTEUR : Tout le monde continue à l’utiliser et le glaçage et la contention ont probablement un rôle si il sont réalisés dans les secondes suivant le traumatisme. Il ne faut par contre pas le prescrire seul et penser qu’il s’agit du traitement.

Les anti-inflammatoires (AINS)

On peut  utiliser les AINS dans le but principal de réduire la douleur et l’oedème. Cependant, l’utilisation des AINS doit être controlée, car elle est associée à des complications (niveau 2) et peut inhiber ou retarder le processus de cicatrisation naturelle.

Le paracétamol à la même efficacité que les AINS sur la douleur, l’œdème et les amplitudes articulaires (niveau 1).

Immobilisation

Pas de traitement par immobilisation longue. Si l’immobilisation est appliquée pour traiter la douleur ou l’œdème, le traitement doit durer moins de 10 jours (niveau 2).

Attelles, strap, chevillères…

L’utilisation d’un support fonctionnel pendant 4 à 6 semaines est préférable à l’immobilisation. L’utilisation d’une attelle de cheville est plus efficace que les autres supports tel que le strap. (niveau 2).

Rééducation

La rééducation doit être réalisée afin d’optimiser la récupération. La question de savoir si la thérapie par l’exercice doit faite par un kinésithérapeute ou non reste incertaine en raison de preuves contradictoires et nécessite des recherches supplémentaires (niveau 1).

Mobilisation manuelle

Une combinaison avec d’autres modalités de traitement, telles que la rééducation, améliore l’efficacité de la mobilisation manuelle des articulations qui est donc recommandée (niveau 3).

 

Le protocole RICE (Repos, Glace, Contention, Elevation)

Le RICE est une méthode de traitement conservateur empirique qui n’a pas été étudiée de manière rigoureuse, l’efficacité de cette association est discutable. Pris individuellement, l’effet de la glace et de la compression ont fait l’objet de nombreuses recherches scientifiques. Cependant, il existe peu de preuves scientifiques quant à leur efficacité pour réduire les symptômes de l’entorse aigue.

L’efficacité de la cryothérapie pour réduire les symptômes aigus associés à la lésion liée à l’entorse n’est pas claire (niveau 1). Rien n’indique que l’utilisation isolée de la glace puisse améliorer la fonction, diminuer l’oedème et la douleur au repos chez les personnes ayant une entorse aigue (niveau 2). En association avec la rééducation, la cryothérapie réduit davantage l’oedème par rapport à l’application à la chaleur (niveau 2). La combinaison de la cryothérapie et de l’exercice améliore la fonction de la cheville à court terme et permet une remise en charge plus rapide (niveau 3).

La compression après une entorse n’a pas démontré son efficacité (niveau 2).

En ce qui concerne les effets individuels du repos et de l’élévation après entorse, rien n’est démontré.

Ce qui est nouveau : Aucune découverte n’a pu être faite sur la base des nouvelles études. Elle renforce les preuves que pris individuellement, les différents composant du RICE ne sont pas efficaces, mis à part la cryothérapie, si elle est associée à la rééducation.

Recommandation : Rien n’indique que le RICE seul aie une influence positive sur la douleur, l’oedème ou la fonction. Par conséquent, le RICE seul ne joue pas de rôle dans le traitement de l’entorse aiguë (niveau 2).

Les anti-inflammatoires (AINS)

Les AINS sont couramment prescrits aux patients qui ont subi une entorse, dans le but de réduire la douleur. L’utilisation d’AINS oraux ou topiques diminue la douleur à court terme (<14 jours). Une comparaison entre AINS sélectifs (célécoxib 200 mg deux fois par jour) et AINS non sélectifs (ibuprofène, naproxène ou diclofénac) a montré que le célécoxib n’était pas inférieur à l’AINS non sélectif sur les douleurs. Le diclofénac a montré des résultats supérieurs aux jours 1 et 2 par rapport au piroxicam et à l’ibuprofène pour réduire la douleur lors de la mobilisation. (niveaux 2 et 3).  Le paracétamol semble être aussi efficace que les AINS pour la douleur, l’oedème et la mobilité (niveau 1). Les analgésiques opioïdes sont également efficaces pour soulager la douleur, mais entraînent plus d’effets secondaires (niveau 2). L’utilisation des AINS peut retarder le processus de guérison naturelle, car l’inflammation supprimée par les AINS est un élément nécessaire à la récupération des tissus.

Outre les analgésiques couramment prescrits, d’autres modalités de traitement pharmaceutique ont été décrites: les médicaments veinotoniques n’entraînent pas de résultats améliorés en termes de douleur et d’enflure par rapport au paracétamol et à RICE (niveau 2); les injections de plasmapla riches en plaquettes (PRP) n’étaient pas supérieures en termes de douleur et de résultats fonctionnels par rapport aux injections placebo(niveau 3), et le Traumeel appliqué localement  (niveau 2) n’était pas supérieur au gel topique de diclofénac pour l’œdème, la douleur et la fonction de la cheville. Les injections périarticulaires d’acide hyaluronique par rapport au placebo ont montré un effet positif sur la douleur, un délai plus court pour le retour au sport (niveau 2).

Ce qui est nouveau : Au cours des dernières années, de nombreuses recherches ont été entreprises sur les AINS en relation avec les lésions musculo-squelettiques et, dans de nombreux pays, ils sont disponibles sans ordonnance. Cependant, avant de recommander les AINS, leur effet dans le contexte spécifique d’une entorse de la cheville doivent encore être évalué.

Recommandation : On peut  utiliser les AINS dans le but principal de réduire la douleur et l’oedème. Cependant, l’utilisation des AINS doit être controlée, car elle est associée à des complications (niveau 2) et peut inhiber ou retarder le processus de guérison naturelle.

Immobilisation

Une immobilisation de 4 semaines est néfaste comparé à la rééducation (niveau 1). Une immobilisation courte (<10 jours) peut permettre de diminuer la douleur et l’œdème(niveau 2)

Ce qui est nouveau : malgré l’inclusion de nouvelles études récentes, aucun nouveau résultat n’a été trouvé.

Recommandation (non modifiée) : Pas de traitement par immobilisation longue. Si l’immobilisation est appliquée pour traiter la douleur ou l’œdème, le traitement doit durer moins de 10 jours (niveau 2).

Attelles, strap, chevillères…

Les attelles de cheville ou les straps sont souvent utilisés. Ces supports externes diffèrent de l’immobilisation rigide et permettent au patient une mobilité et une mise en charge protégée Le traitement avec n’importe quel type de soutien de la cheville réel était plus efficace par rapport à un traitement avec un soutien moins adéquat tel qu’un bandage de compression ou un tubigrip5 122 (niveau 2). Le port de bas de compression au-delà de la phase aiguë n’est pas utile(niveau 3). Le succès du traitement fonctionnel dépend toutefois de la gravité de la blessure. Par exemple, si une entorse est compliquée par une fracture de l’avulsion du ligament, les résultats peuvent être inférieurs à ceux des patients présentant une lésion ligamentaire isolée.124

Une attelle lacée ou semi-rigide doit être préférée à un strap ( niveau 1). Il est peu probable que Kinesiotape offre un soutien mécanique suffisant aux chevilles instables (niveau 1).

Ce qui est nouveau : De nouvelles preuves soulignent que l’utilisation de supports externes est préférable à l’immobilisation.

Recommandation (modifiée): l’utilisation d’un support fonctionnel pendant 4 à 6 semaines est préférable à l’immobilisation. L’utilisation d’une attelle de cheville est plus efficace que les autres supports (niveau 2).

Rééducation

Les programmes de rééducation débuté tôt ont une efficacité établie. Ils réduisent les récidives et l’instabilité de cheville. De plus, ils diminuent le délai de récupération et améliorent les résultats (niveau 1). La rééducation avec un kinésithérapeute a montré certains avantages chez les patients présentant une entorse grave de la cheville sur la mobilité par rapport à un programme d’exercices à domicile (niveau 1). En outre, la rééducation supervisée par le kinésithérapeute permet une amélioration plus rapide de la force, de la proprioception, un retour au travail et au sport plus rapide que l’exécution du programme d’exercice réalisé seul (niveau 1). Cependant, de nombreux articles contredisent ces résultats et concluent que l’ajout de la thérapie par l’exercice supervisé au traitement conventionnel seul (deux ECR, n = 130) 140 141 (niveau 2), ni une amélioration de l’équilibre postural après la thérapie par l’exercice131 142 (niveau 1).

Ce qui est nouveau : De nouvelles preuves sont maintenant disponibles sur les effets spécifiques de différents types de programmes d’exercice / de rééducation; en particulier l’effet bénéfique de la rééducation sur la prévention des récidives, la réduction du risque d’instabilité et l’accélération du rétablissement.

Recommandation (modifiée) : La rééducation doit être réalisée afin d’optimiser la récupération. La question de savoir si la thérapie par l’exercice doit faite par un kinésithérapeute ou non reste incertaine en raison de preuves contradictoires et nécessite des recherches supplémentaires (niveau 1).

Mobilisation manuelle

La mobilisation articulaire manuelle améliore à court terme la dorsiflexion de l’articulation de la cheville (niveau 1). De plus, il a été rapporté que la mobilisation articulaire diminuait la douleur (niveau 1). La thérapie manuelle associée à la rééducation a donné de meilleurs résultats que la rééducation (niveau 3).

Ce qui est nouveau : malgré les conclusions de la version précédente de cette directive, selon lesquelles la mobilisation manuelle ne produit que des effets thérapeutiques à court terme, les données actuelles montrent une valeur ajoutée à la mobilisation manuelle lorsqu’elle est utilisée en association avec la rééducation.

Recommandation : Une combinaison avec d’autres modalités de traitement, telles que la rééducation, améliore l’efficacité de la mobilisation manuelle des articulations qui est donc recommandée (niveau 3).

 

A propos de l’auteur :

Chirurgien orthopédique et médecin du sport, le Docteur Julien Even opère les pathologies de la hanche du genou et de la cheville. Il est aussi médecin de l’équipe professionnelle du Paris Football Club.

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