Erreur n°1. Poursuivre malgré la douleur

 

Evident pour tout le monde et pourtant rarement respecté. La course à pied nécessite un engagement physique et mental majeur. La simple idée de ralentir sa progression, de perdre ce que l’on à si durement acquis est psychologiquement inacceptable. Néanmoins la douleur est un signal nous informant d’un souci, le plus souvent une hyper-sollicitation. Etre dans le déni en continuant à forcer ne fait qu’aggraver les choses. Les conséquences peuvent aller d’une aggravation de la pathologie à l’apparition d’une complication. Par exemple une fracture de fatigue peut se compléter en fracture complète… Au final l’arrêt risque d’être prolongé et le retard de prise en charge se paiera sportivement au prix cher.

 

Erreur n°2. Penser que cela va se guérir tout seul et négliger la rééducation

 

Même s’il existe toujours des exceptions, la plupart des blessures, musculaires, tendineuses, osseuses ne sont pas survenues par hasard et nécessitent un traitement spécifique. L’arrêt de l’entrainement peut supprimer la douleur sans traiter le problème de fond qui va alors persister ou s’aggraver. Pour la majorité des pathologies, un travail spécifique de renforcement, d’étirements va être le traitement qui va permettre la cicatrisation et préparer la reprise.

 

Erreur N°3. Se mettre au repos complet

 

Cela rejoint l’idée que la blessure se guérit toute seule. Cela va évidement diminuer les douleurs, cependant la plupart des pathologies du coureur sont des pathologies de stress où le tendon où l’articulation n’arrive plus à répondre au niveau de sollicitation, d’entrainement réclamé. Le repos complet va être responsable d’un déconditionnement et la douleur va souvent réapparaitre dès la reprise ou même lors d’efforts minimes.

 

Erreur n°4. Ne pas chercher à comprendre pourquoi la blessure est survenue

 

La plupart des blessures sont évitables et sont liées à des erreurs lors de la pratique sportive. Il est important lors d’une blessure de rechercher les facteurs favorisants afin d’éviter de les reproduire à la reprise. La plus fréquente est un programme d’entrainement inadapté ou une mauvaise gestuelle.  Une augmentation trop brutale de l’entrainement, des chaussures neuves ou au contraire usées, une fatigue chronique, un sol trop dur, une mauvaise hydratation… sont autant de facteurs à rechercher pour éviter une rechute. La course à pied se fait souvent en autodidacte ce qui favorise les erreurs. S’entrainer au sein d’un club, avec de séances d’entrainement bien construites, un entraineur qui va corriger certains défauts fait cette perdre en liberté mais permet de progresser plus rapidement avec moins de risques.

 

Erreur n°5. Reprendre au même niveau d’intensité précédant la blessure

 

Même si le repos n’a pas été complet, la reprise doit se faire de manière progressive. La blessure, la baisse de l’intensité des séances sont responsables d’un déconditionnement au moins partiel. Le moment de la reprise est malheureusement un passage sensible à risque de récidive ou d’une autre blessure. Il est donc important d’être prudent.

 

En conclusion

 

Le corps humain n’est pas comparable à une machine. En cas d’entrainement bien conduit, il est capable de s’adapter et de progresser. L’effort est source d’un stress que nos muscles, tendons, articulations doivent apprendre à supporter. En cas d’effort mal dosé, trop important, les douleurs vont survenir.

 

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A propos de l’auteur :

Chirurgien orthopédique et médecin du sport, le Docteur Julien Even opère les pathologies de la hanche du genou et de la cheville. Il est aussi médecin de l’équipe professionnelle du Paris Football Club.

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