1. Contrôlez vous douleurs. 

Une douleur importante vous empêchera de faire les exercices de rééducation. Pour maîtriser efficacement la douleur, il faut prendre les antalgiques prescrits de manière régulière sans attendre que la douleur soit insupportable. Il est possible d’anticiper la douleur en prenant le traitement avant une séance de rééducation, un effort inhabituel… La compression et le la glace constituent aussi une traitement efficace.

2. Réduire l’épanchement.

L’épanchement fait partie de la réponse inflammatoire induite par le traumatisme de la chirurgie. Il augmente les douleurs et diminue les mobilités. Il se traite par le repos relatif, la glace, la compression et l’élévation du membre opéré.
La marche, une mobilisation douce du genou, des contractions répétés du quadriceps favorisent le drainage et aident à la résorption de l’épanchement.  Porter une bande de compression au début puis un tape drainant peut aussi aider à réduire l’épanchement. On ne glace jamais assez au début. Quatre à cinq séances de 20 minutes par jour sont souhaitables.

D’excellents résultats peuvent être obtenus avec les attelles de cryothérapie compressives.

3. Récupérez l’extension complète. 

L’obtention d’un genou complètement droit est  la chose la plus importante après une chirurgie de reconstruction du LCA. Pour l’obtenir, vous devez maîtriser votre douleur, réduire l’épanchement et faire ses exercices plusieurs fois par jours. Placez la jambe avec le talon posé sur un oreiller  si vous êtes couché ou un tabouret si vous êtes assis pour forcer le genou à se redresser, contractez le quadriceps de manière répété comme pour écraser un objet se situant sous votre genou. Un flessum persistant ( genou qui ne se redresse pas complètement) provoque une boiterie permanente. Pour évaluer vos progrès de semaine en semaine, allongez-vous sur le lit et essayez de mettre une main sous votre genou. À la fin de la sixième semaine, il ne devrait pas y avoir assez de place pour glisser facilement votre main entre l’arrière du genou et le lit. Le genou doit être complètement tendu à la fin de la douzième semaine.

4. Travaillez la flexion de genou.

La flexion du genou est plus facile à récupérer après une chirurgie de reconstruction du LCA que l’extension. Elle revient progressivement avec la rééducation. L’objectif à court terme est d’obtenir au moins 90° à 4 semaines post-opératoire. Certaines personnes craignent d’endommager leur reconstruction, c’est une erreur qui entraîne un retard de rééducation et une raideur. La reconstruction est plus solide que vous ne le pensez et ne sera pas endommagée par le travail de flexion extension au poids du corps.

5. Ne laissez pas vos muscles au repos. 

Les muscles de la cuisse composés des quadriceps en avant et des ischions-jambiers en arrière perdent très vite en volume. Il existe souvent une sidération musculaire les premiers jours qui passe avec la kinésithérapie et la contraction répétée du quadriceps lorsque vous êtes allongé ou assis avec le pied surélevé. Un autre exercice précoce consiste à lever les jambes tendues, il n’y a pas de limite au nombre de levées que vous pouvez faire chaque jour.

6. Marchez.

Aussi simple que cela puisse paraître, le retour à l’appui après une semaine avec des béquilles est une étape cruciale. Il est important d’utiliser les béquilles au tout début pour limiter la douleur et la boiterie. Mais au-delà de 2 à 3 semaines, cela favorisera la fonte musculaire. Chaque pas que vous faites contracte les quadriceps, les ischio-jambiers, les muscles du mollet et contribue à restaurer la fonction neuro-musculaire normale.

7. Ne vous posez pas de questions, osez.

Commencez à considérer votre genou opéré comme l’égal de l’autre. La psychologie positive est une part importante de la récupération et de la reprise du sport.  Cela commence par un discours intérieur positif. Au lieu de parler du côté blessé, appelez-le simplement le genou gauche ou droit. Éliminez les connotations brisées, blessées et fragiles dès que possible et considérez qu’il s’agit d’un genou « réparé » en manque d’entrainement. Ne vous posez pas trop de questions à chaque fois qu’un minime craquement, épanchement, gène survient. Le récupération ne se fait pas de manière linéaire et il faut savoir tenir dans la durée. Les joueurs d’une équipe ne s’améliorent pas en s’asseyant sur le banc, ils ont besoin de s’entraîner; il en va de même pour le genou. Laissez-le participer!

A propos de l’auteur :

Chirurgien orthopédique et médecin du sport, le Docteur Julien Even opère les pathologies de la hanche du genou et de la cheville. Il est aussi médecin de l’équipe professionnelle du Paris Football Club.

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